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20/04/2022

JOURNÉES LUPINIENNES 2022

Journées Lupiniennes

Journées Lupiniennes

28/01/2021

LA PETITE-FILLE DE MAURICE LEBLANC ÉVOQUE LE SUCCÈS DE LA SÉRIE

Omar Sy dans la série Netflix, "Lupin"

Omar Sy dans la série Netflix, "Lupin" - Netflix

"À 83 ans, Florence Boespflug-Leblanc est la petite-fille et l’unique héritière de Maurice Leblanc, le créateur du célèbre gentleman-cambrioleur Arsène Lupin. Dans une interview accordée au Parisien, elle évoque le succès de la série « Lupin : dans l’ombre d’Arsène », diffusée sur Netflix. Avec Omar Sy en acteur principal, la série cartonne depuis qu’elle est diffusée sur la plateforme de streaming et elle s’est également classée en tête des contenus les plus visionnés dans de nombreux pays, rapporte BFM TV.

« En tant qu’héritière, je suis toujours ravie que l’on parle du personnage, ça relance les ventes des livres. Honnêtement, je ne pensais pas que ça marcherait autant, mais Lupin a toujours plu », a-t-elle expliqué, avant d’ajouter que son grand-père « aurait forcément été content » de ce succès. « Au début, il considérait que c’était de la sous-littérature. Lui, à l’origine, il voulait écrire des romans psychologiques, davantage dans la veine de Maupassant ou Flaubert. Puis il a été envoûté par son personnage, devenu plus célèbre que lui, intemporel. Il ne s’attendait pas à un tel engouement », a ajouté Florence Boespflug-Leblanc.

Droit moral

Depuis 2012, l’œuvre de Maurice Leblanc fait partie du domaine public, mais son héritière conserve toutefois un droit moral, indique BFM TV : « Mon rôle, c’est qu’on ne dénature pas l’œuvre de Maurice Leblanc. Mais c’est très difficile à exercer. J’ai pris contact avec Gaumont, au moment du scénario. J’ai obtenu une réponse pas très positive. J’aurais aimé pouvoir simplement donner mon avis. Si Omar Sy avait véritablement incarné Lupin, j’aurais réagi. Mais là, c’est un personnage qui s’apparente à lui, qui agit à sa manière. Ce n’est pas pareil ».

Si elle est au courant du succès de la série, Florence Boespflug-Leblanc ne l’a pas encore visionnée puisqu’elle vient seulement de s’abonner à Netflix. « Mon entourage m’a dit que c’était amusant et bien fait », a-t-elle quand même déclaré. En ce qui concerne les diverses adaptations d’Arsène Lupin, la petite-fille de Maurice Leblanc a un avis mitigé : « Pour la télé et le cinéma, il y a eu du bon et du moins bon. C’est quand on le sort de son contexte que ça me gêne »."

https://soirmag.lesoir.be/350859/article/2021-01-24/la-pe...

https://www.bfmtv.com/people/la-petite-fille-de-maurice-l...

09/01/2021

OMAR DE LA CAMBRIOLE

"Au fond, George Kay, concepteur de la toute nouvelle série Netflix, n’est pas allé chercher très loin l’amorce de son «Lupin: dans l’ombre d’Arsène». Situant l’intrigue de nos jours, le Britannique leste son héros d’un héritage littéraire décidé dès le tournant du siècle par son créateur Maurice Leblanc. Ainsi, en magicien rusé, le romancier virevoltait avec les apparences dès sa première enquête, en 1904, quand le Parisien introduisait son énigme: «C’est ainsi qu’un soir d’hiver Arsène Lupin m’a raconté cette aventure…»

Le truc du narrateur criminel, raconte son biographe Jacques Derouard, sera souvent attribué à Agatha Christie, qui le sublime dans «Le meurtre de Roger Ackroyd». Mais ce trait de génie est signé Leblanc, qui toute sa vie d’ailleurs laissera le flou flotter sur l’existence réelle ou pas du personnage Lupin. Même transposé en plein XXIe siècle, ce parfum fantomatique diffusé en légère permanence habille le personnage et contribue à cette suspension de la crédibilité, rêve de tout scénariste. Surtout quand, désormais, le gentleman cambrioleur arbore un training sous le pardessus, plutôt qu’un chapeau haut de forme et un smoking.

Le comédien Omar Sy se royaume dans ce jeu de cache-cache de «Lupin: dans l’ombre d’Arsène». Les cinq premiers épisodes voient sa légitimité monter en crescendo. Dans cette histoire calquée sur «Le collier de la reine», le voleur déploie en douceur sa manie de la séduction courtoise, de son ex et mère de son fils (Ludivine Sagnier) à un ancien béguin «ange et démon» (Clotilde Hesme).

Leblanc en noir

Parmi de nombreuses subtilités, George Kay qui, à l’évidence, a potassé ses classiques, induit par exemple que ce Lupin est toujours au bord de la retraite. Et pour cause: Maurice Leblanc avait fini par détester ce personnage qui l’avait rendu célèbre. Lui aurait préféré être considéré comme un écrivain délicat à la Maupassant, pas un feuilletoniste populaire. Comme Conan Doyle et sa créature Sherlock, il tenta de s’en séparer à plusieurs reprises. Mais, comme il fallait payer impôts et loyer, il le ressuscita à chaque fois.

De là, «Lupin: dans l’ombre d’Arsène» respecte la légende, même si elle se rebaptise Assane Diop et prend la couleur africaine. Comme souvent chez Leblanc, qui privilégie les victimes du système capitaliste, le goût de la cambriole du héros s’enracine dans la vengeance d’une adolescence volée par un vil bourgeois. Sa passion pour le travestissement puise dans le fonds de commerce de son auteur de chevet… Maurice Leblanc, évidemment.

Les pseudonymes de ce héros, orphelin depuis le suicide de son paternel en 1995, sont des anagrammes du nom Arsène Lupin. Et, comme autrefois, la police reste toujours aussi obtuse à déchiffrer l’indice. Sous des apparences classiques, un labyrinthe d’indices cachés s’anime pour les aficionados.

Le style Omar Sy

Ce jeu de piste, jadis, produisit quelques belles heures de l’ORTF, grâce notamment au monocle du bavard Robert Lamoureux dès 1957, puis du plus sérieux Georges Descrières dans les années 1970, d’un Jean-Claude Brialy fieffé manipulateur une décennie plus tard. Plus récemment, le gouailleur Romain Duris vint y laisser sa carte de visite. Quant à Omar Sy, premier acteur black dans le rôle, il pose une dégaine athlétique plus évocatrice du joueur de base-ball que du danseur de l’Opéra.

Depuis l’émergence de stars afro-américaines aussi puissantes que Denzel Washington ou Will Smith, la question du racisme en termes de casting se nuance et agite les producteurs. Voir sur le réseau mondial de Netflix «La chronique des Bridgerton» imposer sa distribution «inclusive» sans s’interroger sur une quelconque véracité historique. Le vocabulaire contemporain s’enrichit de ce brassage, pointant les «discriminations à caractère systémique» ou «les productions racisées», les mettant en lourd débat. Pourtant, comme Lucy Liu qui incarne avec une grâce légère le Dr Watson face au Sherlock Holmes d’«Elementary», Omar Sy s’en tire en beauté et claque les fâcheux racistes d’une chiquenaude. Normal pour un descendant d’Arsène Lupin."

[Lu sur https://www.tdg.ch/omar-sy-cambriole-la-legende-darsene-lupin-615758739583 ]